Article paru dans Le Parisien sur la fermeture des boites de nuits

d’après l’article du 14 février paru dans Le Parisien 

Etablissements de nuit à Paris : « On nous sanctionne pour des bricoles »

 


Patrick Malvës, président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs

 

Patrick Malvaës, président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs, à propos des fermetures administratives de bars et d’établissements de nuit à Paris.

Plusieurs fermetures administratives, prononcées ces derniers mois, ont fait monter la pression auprès des exploitants, qui dénoncent « l’autoritarisme » de la préfecture de police. Patrick Malvaës, président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs, répond au préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

En quoi les dernières fermetures administratives vous inquiètent-elles ?

Nous avons constaté une sévérité accrue et anormale de la part de la préfecture de police… qui n’est pas dans la tradition parisienne. Il y a toujours eu un dialogue assez nourri et plutôt fructueux entre les exploitants et la préfecture de police. Depuis quelques mois ce n’est plus le cas. Ce qui nous inquiète, c’est qu’il n’y a pas de cause objectivement fondée, pas de défaut professionnel des exploitants, ce qui leur est reproché n’est pas lié à leur responsabilité directe : du bruit dans la rue, des attroupements, quelques voisins qui se plaignent… On ne parle pas de crimes, ni de viols. On nous sanctionne pour des bricoles !

Dans le cas des Nuits Fauves, 3 personnes ont tout de même été hospitalisées entre la vie et la mort ?

Attendez… Moi, je tiens un établissement. Si quelqu’un vient chez moi, s’il prend de la came et s’il fait un malaise, ma responsabilité elle est où ? Un incident comme ça peut avoir lieu n’importe où, dans une cour de lycée, dans une salle de cinéma… On ne peut pas être derrière chaque client… La responsabilité du consommateur ne doit pas être transférée vers les établissements.

Si on veut protéger nos enfants, il vaut mieux les laisser sortir dans des structures encadrées comme les nôtres, qui ont pignon sur rue et qui reçoivent des milliers de personnes, plutôt que dans des rave-party ou dans des lieux alternatifs… En nous fermant, on prive les jeunes de défouloirs. Les fermetures administratives vont à l’encontre du but recherché.
Certains lieux sont connus pour des problèmes récurrents…

Il y a parfois des phénomènes de gravité évidente. Comme des établissements aux mains de voyous… Je ne défends pas ça du tout. Je constate que les fermetures concernent désormais des établissements honorablement reconnus, y compris dans les grands groupes parisiens, qui ont une proportion d’incidents très faible par rapport au nombre de clients qu’ils accueillent. Et pour des motifs futiles. Quant aux procédures contradictoires, elles sont plus formelles que réelles. Les fermetures administratives sont le fait du prince, c’est une prérogative d’Etat.

Niez-vous les nuisances sonores dénoncées par de nombreux riverains ?

D’un point de vue purement technique, peut-être qu’il y a quelques défaillances : des isolements qui ne sont pas bons, des limiteurs qui ne sont pas bien réglés… Mais dans ce cas on sait quelles sont les démarches à faire. Ce que je constate aussi, c’est qu’il y a une forme de racisme anti jeunes. Nous sommes un pays vieillissant, avec une population âgée, il y a des plaintes liées à un conflit générationnel.
Avant de fermer une entreprise, on doit réfléchir car les discothèques ont une fonction économique, mais aussi sociale. Je ne peux pas penser qu’en quelques mois la situation soit devenue si terrible. Les professionnels attendent tous une offre de dialogue de la part de la préfecture