JUSQU’AU BOUT !

Chers amis, chers confrères,

Hier soir jeudi nous avons tenu une tr√®s longue r√©union de travail avec le Minist√®re de l’Economie pour pr√©parer la n√©gociation avec M. le Ministre Alain GRISET ce vendredi matin. Je ne sais pas comment vont tourner les choses mais je vous dois mon sentiment.

En premier lieu, nous avons accompli un travail titanesque pour pr√©senter tous les aspects des difficult√©s que nous rencontrons. De la situation la plus simple: les probl√®mes alimentaires, dirais-je, de tout un chacun et des plus faibles √† la situation des plus gros, aux frais fixes √©normes ou aux montages juridiques et financiers complexes. Tout le panel de 1 700 √† 1 800 √©tablissement a √©t√© d√©ploy√© par nous, d√©cortiqu√©, analys√©…Dans quelques jours tout ce travail sera, et c’est compr√©hensible, oubli√© de tout le monde. Seuls les “r√©sultats” (?!) compteront. Je tiens donc √† rendre hommage aux syndicalistes patronaux qui m’ont entour√©. Quel que soit le r√©sultat, ce fut un travail d’exception. Il faut le savoir. C’est tout.

En second lieu, ce qui vous int√©resse -et c’est tout √† fait logique, tant la d√©tresse √©treint chacun- c’est l’aboutissement. A ce stade, je suis tr√®s tr√®s sceptique face √† ce qu’on nous a object√© des contraintes de l’Etat… chacun aura compris. Durant 1 h 45 nous avons argument√©, chiffres et exemples en mains. Tout le monde syndical a √©t√© dans son r√īle, il n’y a pas lieu d’√©piloguer l√†-dessus. Le Cabinet a √©t√© ouvert mais campait sur ses positions classiques. Heureusement, nous connaissions parfaitement le dossier et quand on nous pr√©sentait des pseudo solutions alternatives, nous en montrions la vanit√© et les limites. Nous n’avons jamais √©t√© pris au d√©pourvu ou d√©stabilis√©s. Jamais. Personne, “de notre c√īt√©” syndical, n’a confondu ses int√©r√™ts priv√©s et ceux g√©n√©raux de la profession.¬† Ce ne fut pas le cas de tous les intervenants autour de la table (m√™me si la r√©union √©tait t√©l√©phonique)…c’est tr√®s regrettable pour notre d√©mocratie. Le d√©sarroi du secteur m√©rite mieux que des mots.

En fait, le d√©bat s’est cristallis√© sur la prise en charge d’une (tr√®s faible √† cet instant o√Ļ j’√©cris) partie de nos frais fixes par l’Etat. Plus de la moiti√© de nos √©tablissements ne r√©alisent pas 450 000 ‚ā¨ de C.A. Eux, seront “√† peu pr√®s” (?!) indemnis√©s, je pense. C’est d√©j√† bien pour les souffrances individuelles sur lesquelles vit une tr√®s petite entreprise. Au del√†, la situation est beaucoup plus compromise. Nous avons tent√© l’impossible face √† un Etat qui nous dit ne disposer que de 9 milliards d’euros pour aider 1 millions 600 000 entreprises…

Nous avons plaid√©, principalement, que les discoth√®ques doivent b√©n√©ficier d’un effort exceptionnel pour 3 raisons: c’est le seul secteur marchand ferm√© totalement pendant au moins 6 mois, ces 6 mois correspondent (saisonniers notamment) √† la p√©riode o√Ļ se r√©alise l’essentiel de notre CA (double peine), et -“cerise sur le g√Ęteau”- nous n’avons actuellement aucune perspective r√©elle de r√©ouverture !

Cela pose tr√®s directement la question de la survie de nos entreprises et du travail de nos employ√©s. Je l’ai, personnellement, longuement illustr√© de cas concrets. A un moment le discoth√©caire va devoir vraiment se poser la question de savoir s’il pers√©v√®re ou non dans son activit√© s’il n’a pas (ou trop peu) d’aides. Voil√† simplement la probl√©matique. Je vous passe les d√©tails, nous avons tout soulev√© (y compris le co√Ľt des cong√©s pay√©s accumul√©s et dus sur la p√©riode de ch√īmage partiel et le salaire des dirigeants non salari√©s).

La seule question ce matin (6 heures et, comme mes coll√®gues qui ont aussi encore travaill√©¬† dans la nuit, je n’ai pu dormir) est : “COMBIEN ?”

A ce stade je ne peux rien dire mais les propositions faites sont tr√®s √©loign√©es du r√©alisme √©conomique et ne sauveront pas les emplois. Le message a √©t√© entendu, c’est s√Ľr. Partag√© m√™me, j’en suis certain. Cela fera-t-il √©voluer les lignes, c’est √† souhaiter.

Je vous informerai de l’√©volution d√®s que possible. Je retourne faire un dernier point.

Courage à nous tous !

Patrick MALVA√čS